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L'Editorial
La finance mène le bal…

 
 

 

"Remettre l'homme au cœur de l'économie" : c'est par ce slogan que je clôture souvent les conférences que je fais sur le commerce équitable. Hélas, on est bien loin du compte ! On vient d'en avoir encore une confirmation à propos de trois nominations récentes :

Mario DRAGHI, président de la Banque centrale européenne
Mario MONTI, président de conseil italien
Lucas PAPADEMOS, premier ministre grec

 

 

 

Mario Draghi a été, de 2002 à 2005, vice-président pour l'Europe de la sulfureuse banque d'affaires américaine GOLDMAN SACHS.

Mario Monti était conseiller international de GOLDMAN SACHS depuis 2005.

Lucas Papademos, gouverneur de la banque centrale hellénique de 1994 à 2002, a participé au trucage des comptes de la Grèce organisé sous l'égide de GOLDMAN SACHS.

 

Ainsi, alors qu'après la crise financière de 2007/2008, on pouvait espérer qu'un choc salutaire permettrait aux politiques de reprendre le pas sur les financiers, on s'aperçoit qu'il n'en est rien : ce ne sont pas les politiques qui gouvernent le monde, c'est Goldman Sachs et la haute finance.

Même si Goldman Sachs, l'un des protagonistes de la crise économique survenue en 2008 aux Etats-Unis, n'est plus autant en odeur de sainteté qu'il y a quelques années, elle reste la plus puissante banque d'affaires américaine et elle a tissé un réseau d'influence unique dans les milieux politiques.

Les nominations que nous avons rappelées ci-dessus montrent que le pouvoir politique est de plus en plus conditionné par les intérêts du capitalisme le plus radical. Non content d'exercer un lobbying de tous les instants sur les gouvernements, Goldman Sachs tient désormais directement dans ses mains les rênes du pouvoir.

Ce n'est pas l'homme qui est au cœur de l'économie : c'est de plus en plus l'argent et c'est bien inquiétant ...

 

Yves de KERMEL,

Président.