Mais je sais également que le verre à moitié vide est aussi à moitié plein et je préfère regarder la moitié pleine. Pleine d'hommes et de femmes qui se prennent en charge, qui refusent l'abattement et qui partout réalisent des choses extraordinaires. Je sais qu" un autre monde est possible ", que la solidarité existe et qu'il ne faut jamais désespérer de l'aventure humaine. Je sais qu'il y a des pays qui "émergent", que la mortalité infantile recule dans le Tiers-Monde et que l'éducation y progresse. Je sais que des micro-réalisations permettent à des millions d'hommes, de femmes et d'enfants de connaître une vie un peu meilleure. Je sais que le commerce équitable aide des millions de familles à sortir la tête de l'eau et à vivre dans la dignité.
Je refuse les perspectives anxiogènes et mortifères dans lesquelles les oiseaux de mauvais augure veulent nous enfermer et qui ne peuvent que nous amener à baisser les bras.
Certes, il faut être lucides et ne pas nous laisser engourdir dans un optimisme béat, mais il faut tout autant rejeter la sinistrose démobilisatrice.
C'est pourquoi je me sens en accord avec des gens comme Michel-Edouard Leclerc qui rejette l'idée d'une "éco-citoyenneté triste", comme Pierre Rahbi qui au lieu de décroissance préfère parler de "sobriété heureuse", comme Tristan Lecomte qui veut pratiquer un "militantisme jubilatoire".
Et c'est pourquoi je vous souhaite à toutes et à tous de très joyeuses fêtes.
Yves de Kermel, Président.